09.02.2008

[Série] Ashes to Ashes : Is there Life after Mars ?

Diffusée sur : BBC1
Depuis le : 7 février 2008

Avec qui ?
Keeley Hawes (Spooks), Philip Glenister (Life on Mars)...

Ca parle de quoi ?
Ashes to Ashes est une série dérivée de Life on Mars. Une inspectrice de police, spécialisée en psychologie, se retrouve projetée en 1981 après qu'un criminel lui ait tiré dessus.

ATTENTION : Ne pas lire la review de ce pilote sans avoir vu le dernier épisode de la série Life on Mars. SPOILERS susceptibles de gâcher le visionnage / la découverte de Life on Mars.


Et alors ?

Ah, Ashes to Ashes... Sans aucun doute la série que j'attendais avec le plus d'impatience en ce début d'année. Celle pour laquelle j'avais même entouré le 7 février sur mon agenda. Revoir LoM lors de l'achat des coffrets DVD pour leur sortie automnale n'avait fait qu'accroître l'attente. Je ne vous cache que ces derniers jours, les reviews aux tonalités très différentes selon les médias britanniques m'avaient inquiété (même si je n'avais fait que lire à l'insu de mon plein gré les titres des articles).
Au fond, je savais que j'allais être, d'une façon ou d'une autre, déçue, ou du moins nuancée, et qu'il fallait absolument laisser à la série plus qu'un épisode d'adaptation, le "pilote" allait exposer une situation, mais surtout faire le lien avec LoM (et ce finale tragique).
Et donc, finalement ? Beaucoup de choses intéressantes, mais je suis nuancée et vais réserver mon opinion pendant quelques épisodes.

Pour commencer, et malheureusement, en tant que "spin off de LoM", la comparaison s'impose malgré nous. Vous ne pouvez pas commencer par A2A sans passer par LoM d'ailleurs (au risque de vous gâcher complètement LoM), tant la série capitalise sur les évènements de sa grande soeur.
Impossible de voir cela comme autre chose qu'une suite, avec simplement un autre personnage back in time in a coma. Les scénaristes contournent l'écueil du monument LoM en choisissant de garder pour acquis l'ensemble des bases de la série et en n'hésitant à les introduire nommément dans A2A. Alex Drake a lu le rapport où Sam a son expérience en 1973 lorsqu'il était dans le coma. En fin de compte, et paradoxalement, ce choix scénaristique accroît l'impression que l'ombre de LoM flotte sur l'ensemble de ce pilote. Sentiment accru par tous les efforts faits par Alex pour rationnaliser la situation, en se référant constamment à l'expérience de Sam. Ce sont ses bases. Elle essaye de prendre les choses en main, de retrouver le contrôle. Pourtant, le téléspectateur constate que le cerveau de la jeune femme suit des chemins familiers, reprenant finalement les mêmes réflexes que Sam. Le fait d'avoir lu le rapport, de savoir ces informations, est aussi un prétexte pour permettre de retrouver le même univers, avec ces mêmes règles connues (les voix, les messages dans la télévision...)
Alex s'efforce bien de prendre une distance avec les évènements, mais par la même répéte les errements de Sam. Nous avons ainsi droit à ces périodes de déni, où Sam craquait nerveusement. Seulement, Alex sait avec certitude ce qu'il lui arrive. Une certitude qui ne l'empêche pourtant pas de se laisser embarquer progressivement par cette "réalité". Par exemple, lorsqu'elle apprend que Sam "est revenu ici et est mort il y a un an"... Acquérir cette information dans cet univers n'a pas de sens, puisque tout serait une création de son propre esprit selon sa théorie. Or la voilà qui lie son univers à celui créé par Sam, qui ne peuvent être que distincts. Sam n'a pu écrire dans son rapport ce qu'il s'est passé après son suicide, puisqu'il n'en est pas "revenu". Pour une des premières fois de l'épisode, Alex perd véritablement le fil de son effort de rationnalité. Elle s'exclame qu'"il est revenu ici", qu'il y aurait vécu 7 ans. Mais si sa théorie est juste, leurs deux "réalités" ne peuvent être liés. Car dans l'hypothèse contraire, si cela est vrai, cela supposerait une seule réalité évoluant indépendamment, finalement, dans laquelle arriverait les gens plongés dans le coma.
Preuve s'il en était besoin que l'on va probablement retomber dans un schéma classique, avec finalement, une évolution des données de départ qui ne change pas fondamentalement la donne, le premier commandement demeurant "rentrer chez soi".

Si le retour de Gene Hunt est savoureux, les temps ont changé. Cela devient rapidement flagrant. Le personnage n'est pas une copie de l'homme de 1973 qui évoluerait en 1981. Il est plus marqué. Il a "vécu", devenu un vétéran d'une autre époque. Et un sens, si le théâtralisme et les remarques sont toujours là, il y a plus de maturité dans sa posture. Une certaine lassitude aussi. Les deux autres policiers m'ont paru un peu absents, relégués à des rangs subalternes plus caricatures d'eux-mêmes que personnages réels. J'attends de voir si c'est simplement une impression du pilote.
Gene Hunt et Alex ont manifestement une alchimie intéressante. On est bel et bien arrivé au temps de la maturité, sexuelle également, pour nos personnages... Reste à voir quelle direction choisiront les scénaristes, même si on a quelques indications (On nous dit que Gene est séparé de sa femme, notamment). Les intéractions Sam/Gene étaient une des grandes dynamiques de la série et leurs oppositions, une partie de son charme, il faudra voir comment va être la relation entre Alex et Gene.

En lui-même, l'épisode souffre de la comparaison automatique du téléspectateur avec le propre pilote de LoM et la découverte des années 70 par Sam. C'est un processus par lequel il fallait repasser. Evidemment, cela a perdu le charme de la découverte, les interrogations de la première fois, où nous avions l'impression de tout découvrir avec Sam, à travers les yeux de Sam.
A2A change aussi de cadre : nous voici dans les années 80, l'aube de la modernité pour la police. Sur le plan de l'intrigue policière du jour, elle a le théâtralisme habituel qui fait la marque de la franchise, et un lien avec l'histoire d'Alex, comme cela est désormais traditionnel. L'obsession de la jeune femme d'aller au plus vite pour trouver ce qui peut la faire se réveiller brusque les choses. Mais elle a vraiment une raison de se raccrocher au présent/à la vie : sa fille. Pour l'avenir, je suis curieuse de voir comment les scénaristes vont montrer les années 80 -par ex, l'épisode prochain s'annonce intéressant de ce point de vue (cf. la bande-annonce de fin).

Il est trop tôt pour émettre une opinion définitive sur la série, qui gagnera à ne pas rester uniquement dans l'ombre de LoM. Or c'est le fantôme de Sam qui planne véritablement sur l'ensemble de l'épisode. De l'évocation constante de son rapport sur ce qui lui est arrivé dans le coma, jusqu'à l'article évoquant sa mort en 1980, les scénaristes se basent sur LoM. C'est une continuité appréciable, oui. Mais le problème est que cela conduit automatiquement à faire des comparaisons. Or, John Simm est un acteur particulièrement doué pour créer une véritable empathie instantanément avec le téléspectateur (dans tous les rôles dans lesquels j'ai pu le voir). Les actions de son personnage peuvent être irrationnelles, peu appréciées, mais il y a toujours ce petit quelque chose, ce lien indéfectible, qui nous raccroche à son personnage, à son humanité, qui nous raccrochait à Sam. Or Keeley Hawes, aussi convaincante et belle qu'elle soit (j'adore son style années 80, vraiment très classe d'ailleurs), n'a pas la même faculté pour faire naître cette émotion, cette réaction chez le téléspectateur. C'est probablement très subjectif (et peut-être très personnel) comme constat, mais LoM jouait également beaucoup sur l'affectif.
Et c'est cet affectif que je n'ai pas encore retrouvé dans ce pilote, pourtant de bonne facture et qui à mon avis pose des bases pour un futur intéressant. Un manque encore plus pesant que la comparaison avec LoM est automatique étant donné les choix scénaristiques.

Conclusion :
Ne vous laissez pas leurrer par cette review mi-figue, mi-raisin (qui de toute façon, ne pouvait être que nuancée). Ce pilote pose des bases intéressantes et j'ai définitivement envie de repartir dans l'aventure. Voir Alex évoluer en 1981, suivre Gene et les autres dans leurs enquêtes, comprendre les mystères du clown (autre qu'une référence à Ashes to Ashes, la chanson), j'ai envie de revenir.
Je ne crois pas qu'on puisse juger la série sur ce seul pilote. Il fallait faire le pont avec LoM. L'exercice était compliqué, voire impossible. Si le résultat souffre de la comparaison instantanée avec sa grande soeur (pour qui, je l'ai dit, l'affectif jouait énormément), il ne manque pas de promesses.

La suite nous dira si A2A trouve son ton et confirme les choses intéressantes esquissées.

Pour un aperçu, voici la bande-annonce diffusée sur BBC1 :

28.01.2008

[Série] Breaking Bad (AMC) : Une nouveauté câblée à surveiller

Dans ce paysage sériephile du mois de janvier, décimé par la grève des scénaristes, les quelques nouveautés lancées  par les chaînes américaines ne déclenchent pas un grand enthousiasme, entre indifférence et agacement, le téléspectateur nage dans un marasme de productions plus ou moins médiocres dont il connaît les ficelles narratives sans doute mieux que les scénaristes eux-mêmes. C'est un peu désespérant. Et "découvrir pour découvrir en gardant un esprit ouvert" ne m'intéresse plus vraiment en ce moment, prise par un million d'autres exigences professionnelles.
Heureusement, il y a encore le câble pour nous sauver du naufrage des networks. Et notamment une chaîne qui continue d'explorer l'univers des séries. Après Mad Men cet été, voilà que AMC nous propose Breaking Bad.

 


Diffusée sur : AMC (Câble US)
Depuis le : 20 janvier 2008

Avec qui ?
Bryan Cranston (Malcom), Aaron Paul, Anna Gunn, Dean Norris, Betsy Brandt, RJ Mitte.

Ca parle de quoi ?
Breaking Bad relate l'histoire d'un professeur de sciences dans un lycée (Bryan Cranston) souffrant d'un cancer en phase terminale, qui fait usage de ce qu'il apprend chaque jour à ses élèves pour mettre en place un laboratoire de métamphétamines afin de les revendre et gagner de l'argent pour permettre à sa femme et son fils de vivre correctement après son décès. (Source : www.serieslive.com)

Et alors, ce pilote ?
Le pilote diffusé dimanche dernier sur AMC se révèle particulièrement prometteur. S'il ne révolutionne aucun code narratif, il pose très efficacement les bases d'une série qui jete un regard assez sombre sur la société, révélant un réel potentiel. Originellement, la lecture dy synopsis pouvait un instant laisser imaginer un parallèle avec Weeds, mais il n'en est rien. En effet, le ton est très différent, assumant parfaitement son caractère dramatique, tout en ne négligeant pas un certain humour noir que Bryan Cranston parvient à faire ressortir dans des scènes assez ambivalentes. En prenant une certaine distance, le téléspectateur est touché, tout en étant amené à sourire devant certaines réactions. Tout au long de l'épisode, la série cultive cette subtile ambivalence, qui apporte finalement une dimension supplémentaires à toutes ces scènes. Le côté désespéré d'une vie ordinaire confrontée aux difficultés quotidiennes qui s'accumulent est bien retranscrit. L'exploitation est d'autant plus aisée que Bryan Cranston (Malcolm) s'avère très convaincant en quinquagénaire au bout du rouleau, jonglant tant bien que mal avec la médiocrité de son quotidien, prof de chimie confronté à l'ingratitude de ses élèves, agrémenté d'un petit job à côté pour combler les fins de mois déjà difficiles. Le petit portrait de famille qui nous est dressé sonne d'ailleurs assez juste, notamment dans les relations entre les différents membres.

Après nous avoir immergé dans ce marasme quotidien, l'annonce de la maladie est le déclic qui rompt la torpeur monotone qui pesait initialement sur le personnage principal, où il était proche de l'étouffement. Soudain, la perspective change, le ton évolue également. C'est une sorte de libération. Et, pour un chimiste, quelle meilleure idée que de jouer justement... les chimistes avec des substances qui rapporteront suffisamment, afin de constituer un petit pactole pour sa famille ? Après s'être échiné à incarner les professeurs de chimie rangé, mais fauché, on passe à un autre stade. Cette passion scientifique peut être exploitée "pleinement" hors des conventions sociales... et des lois...

Par son ton assez sombre, ces touches d'humour noir, et une écriture subtile qui ne place pas le téléspectateur sous tutelle, cet anti-héros par excellence pique la curiosité. La mise en scène de cette métamorphose est intrigante et aiguise notre intérêt. Certes, il y a quelques défauts "classiques". Notamment le fait que la série succombe à cette mode d'une scène d'ouverture apocalyptique pour ensuite nous projeter "quelques semaines plus tôt", mais ce reproche n'en est pas vraiment un et ne mérite pas de s'y attarder.

Bilan : AMC semble prendre goût à la production de séries. Et c'est une bonne nouvelle. Au vu du désert qualitatif des grands network qu'accentue la grève, on applaudit l'initiative.
Breaking Bad propose donc un pilote prometteur pour une série à surveiller de près.

 

 

Petit aperçu :  

 

05.01.2008

[Série] State of Play (Jeux de pouvoir)

Des (bonnes) raisons de s'installer devant Arte ce soir à 22h30.

Ce soir, il vous faut soit programmer votre magnétoscope, soit mettre en parenthèse votre vie sociale pour venir grossir les rangs des audiences confidentielles de la chaîne franco-allemande. En effet, cette dernière diffuse les deux premiers épisodes d'une excellente mini-série de la BBC. Datant de 2003, elle a déjà été diffusée sur Canal +, mais si vous n'avez pas la chaîne câblée, si vous avez raté la diffusion ou si vous n'avez pas (déjà) acheté, les yeux fermés, les DVD (comme moi), profitez de cette séance bienvenue de rattrapage.

[Le billet qui suit ne contient évidemment aucun spoiler sur la résolution de l'intrigue.]

STATE OF PLAY (Jeux de pouvoir)

Synopsis : Ce matin-là, à Londres, Stephen Collins, député travailliste plein d’avenir qui préside la Commission d’enquête sur l’énergie, se rend en métro à la Chambre, quand la rame s’immobilise : un corps a été trouvé sur la voie. à l’air libre, un jeune Noir tente éperdument d’échapper à son poursuivant, un tueur à visage découvert, qui l’exécute en pleine rue avant d’abattre un témoin qui passait en scooter. Au même instant, dans le hall du Parlement, Stephen Collins s’effondre, suffoqué par l’émotion : il vient d'apprendre que son assistante parlementaire, Sonia Baker, est la victime du métro. Suicide, accident ? à la conférence de presse improvisée hâtivement par son parti, la réaction du député suscite les conjectures : quelle était la nature de ses relations avec la disparue ? Au Herald, l’un des quotidiens en vue du royaume, le rédacteur en chef Cameron Foster flaire le gros coup avec gourmandise.
Mini-série composée de six épisodes.

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State of Play est une mini-série, créée par David Yates (Sex Traffic) et dont le scénario est signé Paul Abbott (Shameless). Diffusée sur la BBC en 2003, multirécompensée, notamment aux BAFTA Awards, elle a été très bien accueillie par les critiques. Elle a même attiré l'attention d'Hollywood, où un film s'en inspirant est actuellement en préparation (en dépit des multiples remaniements de casting qui ont eu lieu dernièrement).

State of Play, c'est aussi un casting de luxe. En tête d'affiche, incarnant deux amis qui ne jouent plus dans le même camp, mais qui s'épaulent et s'affrontent avec ambiguïté, vous retrouvez David Morrissey (Blackpool, Meadowlands/Cape Wrath), en étoile montante du Parti Travailliste pour lequel les voies du pouvoir sont grandes ouvertes, et John Simm (Life on Mars) en journaliste persistant, navigant dans des eaux dangereuses, à la limite de l'éthique.
Ils sont épaulés par l'excellent Bill Nighy, incarnant le rédacteur en chef flegmatique qui maîtrise toutes les arcanes du pouvoir. Les sériephiles reconnaîtront également Polly Walker (Rome), en épouse politique délaissée, et James McAvoy (Shameless), en jeune journaliste free-lance ambitieux.

State of Play bénéficie d'une histoire riche et très travaillée, où la tension monte progressivement et où le suspense devient rapidement intenable. L'enquête se complexifie au fil des épisodes. Au fur et à mesure des découvertes troublantes des journalistes, les enjeux soulevés deviennent de plus en plus importants, de plus en plus proches du pouvoir, et de plus en plus dangereux.
Les scénaristes multiplient les faux semblants, les semi-vérités. Les doutes des journalistes, eux-mêmes divisés dans leurs analyses, contamine le téléspectateur par leurs désaccords et les éclairages très différents qu'ils apportent sur une même affaire. Les soupçons s'insinuent. Fausses pistes et retournements de situations s'enchaînent, entraînant le téléspectateur dans des intrigues de plus en plus sombres où il perd ses repères. Les fils se dénouent peu à peu pour révéler un tableau glaçant, état des lieux sans concession des rouages du pouvoir.

Car, en effet, en plus d'être un thriller parfaitement maîtrisé et très prenant, State of Play prend une dimension supplémentaire en mettant en lumière, avec une sobriété efficace toute britannique, les dérives d'une démocratie moderne. Elle offre ainsi, tout d'abord, un traitement sans concession des rapports douteux que peuvent entretenir politiques et médias, illustrés par l'amitié unissant les deux personnages principaux. Si Cal McCaffrey dispose grâce à elle de renseignements privilégiés, directement à la source, où se trouve la limite entre informations personnelles et informations du public ? La frontière se trouble, de plus en plus floue. La force de cette mini-série est de ne pas se cantonner à une vision manichéenne du rapport entre le journaliste et le politique. Au contraire, le récit se complaît dans une subtilité volontairement ambiguë, où les bases sont fluctuantes. Le téléspectateur ne parvient pas avec certitude à cataloguer cette relation avant la conclusion de la série. Honnêteté, fidélité, manipulation se mélangent et se succèdent, soulevant plus de questions que les interactions entre les deux personnages n'en résolvent.

Pessimiste ou réaliste, State of Play dresse également un portrait sans concession des pratiques au sein même du pouvoir politique. La mini-série nous immerge dans les moeurs troubles du Parti Travailliste. Parfait cas d'école de la maxime selon laquelle l'art de gouverner est avant tout l'art de la manipulation. Dans les couloirs agités du Parlement, les éminences grises du Parti tirent les ficelles d'un vaste jeu de pouvoir occulte, où le fonctionnement démocratique des institutions apparaît comme un simple faux-semblant savamment entretenu. Le téléspectateur mettra, comme les journalistes, toute la mini-série pour appréhender l'ampleur des manipulations en jeu, jusqu'au dernier retournement final.

On touche ici à l'aspect le plus abouti de cette mini-série : la dénonciation de l'influence de ce pouvoir occulte, qui n'a même pas à passer par l'élection : celui de l'argent, ou plutôt des grands industriels. En éclairant l'ingérence des multinationales dans la gestion du pays et l'adoption des législations, le téléspectateur plonge dans l'exercice d'un type de lobbying particulièrement dangereux. Entre pressions et corruptions, ces consortium ne semblent s'astreindre à aucune limite.

   

Bilan : State of Play, c'est tout le savoir-faire et l'efficacité britanniques dans un thriller captivant qui sait jouer sur différents tableaux. Ce sont des enquêtes complexes, une interrogation sur l'amitié, mais aussi la mise en lumière des jeux de pouvoir dangereux qui se déroulent au sommet de l'État pour gouverner la Grande-Bretagne et que se livrent, sans complaisance, politiques, multinationales et journalistes. 
C'est un portrait sombre, mais réaliste, des rapports entre le pouvoir institutionnel, le pouvoir occulte de l'argent et le "4ème pouvoir" que sont les médias.

En fin de compte, Jeux de pouvoir est une mini-série très riche, très bien écrite et servie par un solide casting particulièrement convaincant.

Un "must seen" de la fiction britannique à ne pas manquer.

[Jeux de pouvoir - Arte - Samedi 5 janvier - 22h30]

31.12.2007

Bilan sériephile 2007

Que restera-t-il de 2007 dans la mémoire du sériephile ?
Les évènements marquants de l'année pour moi...

I- Avant tout, j'aurais comme premier réflexe d'établir une liste de R.I.P.
Traitez-moi de nostalgique, mais c'est une certaine époque qui a achevé de se terminer cette année.
Beaucoup de pages se sont tournées, certaines plus douloureusement que d'autres :

Une étape dans la vie de Lorelai et Rory s'est achevée, elles continueront sans nous - Gilmore Girls (saison 7)
Les Palladino étaient partis, confiant le soin à David Rosenthal de conclure leur série. La saison précédente avait fâché un certain nombre de fans. Cette saison 7 répara, posa de nouvelles bases. Le livre se referme logiquement, sur une Rory diplômée, bouclant la boucle de sept années de cris et de joies.
On s'est quitté un peu fâché. Mais merci pour toutes ces années de rires et de larmes.
Il est temps de commencer à être nostalgique et de se replonger devant l'intégrale en DVD.

   

- La République romaine est tombée - Rome (saison 2)
On savait comment l'Histoire se terminait. Si Octave a remporté la mise, l'homme de la saison fut pourtant incontestablement Marc-Antoine (et l'interprétation de James Purefoy). Les personnages de la "vieille" génération conservèrent une présence bien plus forte et convaincante que le nouveau cercle qui fut introduit. Cicéron prit sa réelle dimension, Atia continua de marquer les esprits dans sa lente déchéance. Parallèlement, la froide rigidité d'Octave (James Wood) n'eut pas l'attrait charismatique des excès hédonistes de Marc-Antoine, et les flirts presque adolescents d'Agrippa et Octavie n'eurent ni la force, ni la passion, d'autres relations de la saison 1. Mécène ne fut pas exploité, et Livie justement détestée... Rome a tourné la page du régime républicain. Bienvenue dans le Principat.
Seul regret : une fin abrupte. Dix épisodes. Ce fut tellement court.

    

- Un fond noir pour clôturer la saga des Sopranos - Les Sopranos (saison 6)
Une des séries symboliques de l'âge d'or de HBO que l'on ne présente plus. Elle n'aura finalement jamais laissé le téléspectateur indifférent, s'offrant une fin controversée, frustrante, mais qui constitue peut-être la métaphore ultime de ce chef d'oeuvre du petit écran. Cette dernière saison fut sans doute en demie teinte, clôturant une à une les storylines, refermant chaque page entamée. 
Finalement, prédomine sur cette saison une amertume omniprésente, la fin d'une ère.
L'écran est devenu noir. Le rideau est tombé. Il n'y aura pas de rappel.

 

- Veronica est partie, seule, pour Quantico - Veronica Mars (saison 3)
Veronica Mars a souffert du syndrome malheureux, mais fréquent, du passage du lycée à l'université, laissant son atmosphère particulière, ses dialogues enlevés, et ses mystères obscurs (et donc, les Fitzpatrick... ?!?) pour des stand-alones UPN-iens soporifiques, des personnages de plus en plus stéréotypés, devenus des caricatures d'eux-mêmes.
Tout ne fut pas à oublier, mais je ne veux pas repenser à cette dernière saison quand je me rappellerai Veronica Mars.

- La Porte des Etoiles s'est définitivement refermée - Stargate SG1 (saison 10)
Dix ans qu'elle nous accompagnait à travers la galaxie. On a pu la couvrir de critiques, pointer sans relâche ses faiblesses, elle était devenue une composante immuable du paysage sériephile. Elle restait un rendez-vous quotidien.
Certes, elle avait beaucoup changé, notamment en ayant pris des couleurs très Farscape-iennes dernièrement. Cette saison 10 fut sympathique dans l'ensemble, nous laissant notamment un épisode culte de second degré : le 200ème. Hilarant.

- Le mystère des 4400 restera obscur - Les 4400 (saison 4)
Certains argumenteront que la fin de la saison 4 constitue une fin... ouverte, certes, mais une fin quand même. Pour moi, elle soulève tellement d'interrogations sur le futur en passe d'être créé, que je ne peux considérer cette fin cliffhangeresque dans la lignée des précédentes saisons, comme une véritable "fin".
Et voilà, une frustration sériephile type supplémentaire.

- Il n'y a plus de vie sur Mars - Life on Mars (saison 2)
En attendant Ashes to Ashes, spin-off qui se déroulera dans les années 80, Life on Mars s'en est allée après seulement deux saisons.
C'était nostalgique, britannique et excentrique.

L'adieu au chaud soleil californien d'Orange County - The OC (saison 4)
f568981457fa5827c88c9145c1aa8429.jpgJe n'ai jamais été une fan au sens noble du terme. J'avoue, j'ai souvent suivi par intermittence. J'ai effectué un rattrapage de quasiment trois saisons en une seule année.
Mais, pourtant, j'ai le sentiment, avec toute la candeur de mon approche néophyte, que cette saison 4 a permis à la série de renouer avec ses heures les plus convaincantes, avec des storylines dignes d'une réputation convaincante qui s'était bâtie lors de la première saison, pour ensuite se diluer dans les controverses.
De quoi regretter d'anciens errements peut-être...
Une façon quand même de tirer son chapeau à cette série que je n'ai peut-être pas vraiment comprise.

 

II- Heureusement, au milieu de tous ces faire-parts de décès, il y eut quand même quelques nouveautés à ne pas rater :

- La schizophrénie glaçante so british de Jekyll
Steven Moffat (le créateur) est brillant. James Nesbitt est impressionnant. On s'incline et on applaudit.
Jekyllmanie habilement les genres : série fantastique qui se complaît dans cet humour noir que les britanniques maîtrisent si bien, elle sait aussi assumer sa part de drama qui verse plus dans l'émotion. Réjouissante sur le fond, admirablement finalisée sur la forme, elle restera mon coup de coeur de l'été 2007.

- L'atmosphère enfumée et surchargée de testostérone des publicitaires de Madison Avenue - Mad Men (saison 1)
e1b408e84a9da74172e266644ea5cd1e.jpgUne immersion chez les publicistes de Madison Avenue, au début des années 60, ne pouvait que toucher ma fibre nostalgique, en traitant d'une époque qui a toujours exercé une véritable fascination sur moi.
Il flotte un air de cigare sur cette série ambitieuse qui parvient à pleinement réussir à exploiter le décalage qu'offrent les sixties. Elle nous décrit avec un souci du détail omni-présent les moeurs de la société ainsi que les exigences du milieu professionnel mis en scène. Car, dans ce New York urbain, on devine une société en pleine mutation, étirée entre deux époques, hésitant encore sur la direction vers laquelle s'orienter, sur les certitudes à consacrer.
Mad Men nous dépeint un portrait très convaincant, complexe et teinté de subtilités, d'une époque charnière du XXe siècle.  

- La vitalité sucrée de Pushing Daisies (saison 1)
752f3c87d376e5fb0eee6103be7dd918.jpgCette dernière création de Bryan Fuller a pour le moment tenu ses promesses, même si son destin est suspendu à la grève des scénaristes. Cette fable curieuse aux faux airs burton-iens, assaisonnée d'une touche d'enquêtes policières aux péripéties encore plus étranges, constitue la nouveauté marquante du dernier semestre 2007.
Comédie légère, roman à l'eau de rose, série policière improbable, voire hommage aux comédies musicales, la série alterne les genres, marie délicieusement les tons et bouscule les références pour le plus grand plaisir du téléspectateur, qui s'offre à chaque épisode une bouffée rafraîchissante d'images chatoyantes et de dialogues ciselés qui font mouche.  

 

III- Parallèlement, au milieu de nombreuses déceptions et des naufrages de séries sombrant dans un triste ridicule (sur lesquelles je ne veux même pas m'arrêter), il y eut quelques grandes confirmations :

- Les doutes de Dexter ont joué avec les nerfs des téléspectateurs pour une saison encore plus convaincante - Dexter (saison 2)
3839a87b53f7822283568e24461de4a4.jpgElle était sans doute la série sur laquelle reposait le plus d'attentes cet automne. Elle n'a pas déçue. Explorant et complexifiant la psychologie du serial killer le plus célèbre du petit écran, ce fut la saison de la maturité, réussissant le tour de force de prendre une dimension supplémentaire après la réussite de la première saison.
La seule interrogation qui subsiste dans l'esprit des téléspectateurs : comment les scénaristes parviendront-ils à nous surprendre avec la prochaine saison ?

c797db22a8eae0d946d61de0da801413.jpg- Les lumières ne se sont pas éteintes le vendredi soir - Friday Night Lights (saison 2)
Incontestable belle surprise de la saison 2006-2007, c'est une série qui s'est affranchie de son concept de base pour prendre une toute autre dimension. Chronique humaine et sociale d'une petite ville au fin fond du Texas, avec du football US en toile de fond, elle met en scène, avec un ton juste et rafraîchissant, des personnages terriblement ordinaires, avec leurs failles et leurs certitudes.

 

IV- Autres pensées diverses et anarchiques :

- Battlestar Galactica (saison 3) : *WTF ?!*
0b8769e417a813bd5f688c1dac76c0bb.jpgJe ne me suis toujours pas remise du final de la saison 3 et des interrogations multiples soulevées. Dans mes cauchemars, résonne encore (en boucle) cette chanson, 'All Along the Watchtower' de Bob Dylan.
La saison 3 fut celle des controverses, des scissions au sein des fans de la série... Je pense qu'on ne saura véritablement la juger que lorsque la série se sera achevée, avec du recul et une vision d'ensemble.
J'attends la saison 4. Pour des réponses. Pour comprendre où les scénaristes veulent en venir. Parce que je veux croire que "they have a plan".

- ReGenesis (saison 3) : *WTF ?!* bis
Encore un final perturbant, cliffhanger excessif, saupoudré d'effets que, si j'osais les jeux de mots, je pourrais qualifier d'Alias-esques (parallèle encouragé par la présence "machiavélique" de Victor Garber). Mais le téléspectateur reste un brin perplexe devant le tournant pris par l'intrigue et l'évolution de certains personnages au cours de ces derniers épisodes.
Une saison 4 (la dernière pour elle aussi) est attendue au printemps pour remettre les choses en place.

- House MD (saison 4) : Version Real-TV
House en version Survivor ou Bachelor, le fantasme du téléspectateur compulsif ?
Une année 2007 qui marque un tournant pour la série. Une évolution qui fut osée, peut-être nécessaire, mais relativement bien négociée. Reste à savoir si le redémarrage, avec cette nouvelle distribution des cartes, sera aussi convaincant.

- Doctor Who (saison 3) : Rose est irremplaçable
Cette saison 3 aura laissé un léger goût d'inachevé. Martha ne m'aura pas convaincue, ne réussissant pas à confirmer ses premiers pas sympathiques dans l'univers who-esque.
Cependant, je retiendrai de cette saison une réunion mémorable : David Tennant, John Barrowman, John Simm = Un alignement de planètes pour la sériephile fan que je suis. Et sur cette remarque d'une grande objectivité...

  

 

V- Dans la dernière catégorie, de façon plus personnelle, il y a les séries visionnées avec trois trains de décalage. J'ai pourtant fait de grandes découvertes "en retard", profondément marquante, cette année :

"To be, or not to be: that is the question : Whether 'tis nobler in the mind to suffer the Slings and Arrows of outrageous fortune" - Slings & Arrows (saisons 1 à 3)
Un vrai coup de coeur et une réussite attachante dont il faut espérer qu'elle traversera un jour l'Atlantique.
Suivant le principe largement éprouvé que les coulisses sont tout autant, si ce n'est plus, passionnantes que le show lui-même, Slings & Arrows nous immerge dans des coulisses d'un théâtre, où les évènements y sont tout aussi théâtrals. Brillamment écrite, servie par des dialogues percurants, cette série est une comédie qui, au cours de ses trois saisons, vous fit rire, vous émut aux larmes et vous toucha profondément. Résolument sombre, sarcastique et légère à la fois, son ton réussit l'équilibre savant entre un cynisme pragmatique et la pureté de la passion pour le théâtre.
A savourer. 

- It was our last best hope for peace... - Babylon 5 (saisons 1 à 5)
Epopée de Science-Fiction à la mythologie dense qui nous immerge dans les coulisses de la diplomatie galactique, c'est une série indémodable, prenante et plus complexe qu'il n'y paraît au premier abord, qu'il faut avoir vue. Un grand cycle tragique où l'Histoire dépasse le destin des protagonistes.

Une ode universelle à l'amitié - Nobuta wo Produce (saison 1)
C'est tout d'abord une fable sur l'amitié. Au-delà des différences, au-delà des idées préconçues, c'est l'introspection, la recherche et l'évolution des trois personnages principaux. Ces adolescents mûrissent, découvrent des vérités et acquièrent des certitudes, grâce au processus déclenché par cette idée qui sonnait a priori comme un jeu : 'rendre la plus impopulaire du lycée, populaire'. Une aventure humaine, servie par un trio de personnages attachants, dans les doutes desquels il est si facile, pour le téléspectateur, de trouver un écho.

   

 

2007, c'était ça... et bien plus... dans mon petit écran sériephile.
Un bilan de circonstance guère exhaustif, mais qui, à mon avis, reprend les grandes lignes qui m'ont marquée.


Et vous, que retiendrez-vous dans le monde des séries pour cette année 2007 qui s'achève ?

 

Current Mood :

23.12.2007

[Séries] It's Christmas Time - 2007

Comme chaque année, les séries se drapent des couleurs de Noël à l'approche de l'hiver pour offrir aux téléspectateurs un épisode placé sous le signe de Noël.
Certaines ne font vraiment pas les choses à moitié, en témoigne ce générique, arrangé et redécoré pour l'occasion, de l'épisode spécial Noël de Psych, diffusé début décembre sur USA Network :

 

Pour se plonger dans cette ambiance si particulière, je vous propose une petite gallerie de Noël des épisodes que j'ai eu l'occasion de voir ce mois-ci. Chaque série, à sa manière, avec son ton, se penche sur cette période festive.

Noël, cette année, dans les séries américaines, ce fut : 

Bones (3.09 - The Santa in the Slush)

 

Un épisode plutôt sweet avec des intéractions excellentes entre notre couple d'enquêteur. L'ensemble nous laisse un peu sur notre faim, mais n'étant pas une fan de Bones, c'est une constante lorsque je regarde la série.
Reste un épisode de Noël divertissant et assez efficace. 


Dirty Sexy Money
 (1.10 - The Nutcracker)

 

L'épisode continue sur la belle lancée du précédent. S'il n'est guère festif et plutôt chargé d'interrogations, voire de regrets, les storylines continuent de se développer efficacement. Les manoeuvres autour de Simon continuent de s'obscurcir, tandis que chacun doit faire face à de nouveaux imprévus.
Le Noël chez les Darling ne pouvait être à lui seul qu'un véritable spectacle. L'épisode tient ses promesses ! Une seule envie : découvrir la suite des bouleversements qui ont lieu !

 

Gossip Girl (1.11 - Roman Holiday)


 
Du très classique Gossip Girl servi par un scénario sans originalité, mais qui se laisse suivre. Les scénaristes ne sachant trop quoi faire de certains personnages, ils les écartent sans regret. C'est plutôt une bonne idée.
La série poursuit sur la voie du teen-show sans prétention. Mais rien de transcendant non plus.

 

Psych (2.10 - Gus's Dad May Have Killed an Old Guy!)


Un épisode délirant à souhait, où l'esprit de Noël devient familial avec les parents de Gus qui se retrouvent au centre de l'enquête de leur fils et de Shawn. Over the top et excessif, comme toujours, mais cela reste très sympathique.
Ne se prenant  pas un instant au sérieux, c'est léger et agréable à suivre.

 

Pushing Daisies (1.09 - Corpsicle)

  

Un épisode qui bouscule le schéma classique de la série, qui contient son lot de révélations et de surprises. La série évolue, les personnages s'affinent, et le téléspectateur reste sous le charme.
Paradoxalement marqué d'une tristesse inhabituelle pour Pushing Daisies, cet épisode de Noël est une vraie réussite, dans la lignée des précédents. Une belle conclusion, qui nourrit les regrets du téléspectateur à l'encontre de la grève : une suite, please !


Supernatural
(3.08 - A Very Supernatural Christmas)


Noël dans Supernatural ne pouvait être retranscrit qu'à travers cette histoire d'horreur qui mêle esprit de Noël et enquête dangereuse pour les deux frères. Une célébration qui contient un degré d'émotion supplémentaire : est-ce que ce sera le dernier Noël pour Dean ?
Un épisode donc efficace.


The Closer (3.14 & 15 - Next of kin) 

 
  
 
Un épisode dans lequel les scénaristes tombent dans les poncifs de l'exercice de l'épisode de Noël. Trop "over the top", servi par un scénario un brin tiré par les cheveux, qui sert de prétexte à provoquer une réunion familiale (constante lourde des épisodes de Noël) et confère aux intéractions entre les personnages un arrière-goût très artificiel.
Un peu de Christmas Spirit, oui, mais attention aux excès !

 

Cette liste d'épisodes n'est pas exhaustive. Elle se limite seulement aux épisodes que j'ai pu voir ce mois-ci.
Mais comme nos héros, c'est une façon de s'immerger dans une ambiance festive de circonstance.

D'ailleurs, puisqu'on parle des séries et de Noël...
L'épisode spécial de Noël (que j'attends avec beaucoup d'impatience!) de Doctor Who, sera diffusé sur BBC1 le 25 décembre. Embarquement à bord du Titanic... Voici la bande-annonce : 

Pour les téléspectateurs les plus patients d'entre nous, France 4 diffusera l'épisode spécial de l'an dernier mercredi 26 décembre à 20h50. Il y aura du DW pour tout le monde ce Noël ! ^_^

14.12.2007

[Série] Secret Diary of A Call Girl

Même si son retour est annoncé dans Doctor Who, Billie Piper continue d'explorer les multiples facettes de son métier d'actrice. Cet automne, elle jouait ainsi le rôle principal d'une nouvelle série d'ITV, qui a été renouvelée pour une seconde saison : Secret Diary of A Call Girl, loin de la douce innocence de Rose.

Diffusée sur : ITV (Angleterre)
Durant : Automne 2007
Comportant : Une saison de 8 épisodes (Saison 2 commandée)

Ça parle de quoi ?
En 2005, une call girl connue sous le nom de Belle de jour publie son journal. Tout au long du livre, Belle restera anonyme. En 2007, l'héroïne prend les traits de Billie Piper à la télévision. L'histoire est centrée sur la belle Hannah. Aux yeux de sa famille, elle est une jeune femme bien sous tous rapports. Mais la nuit venue, elle se transforme en Belle et, prenant les apparats d'une mystérieuse call girl, offre ses charmes au plus offrant. Une double vie pas si facile à entretenir quand on recherche le bonheur... (source : http://www.serieslive.com/)

Avis
cfce8ed925332e47dbfef04a96532dcc.jpgUne série qui commence par un dialogue introductif de l'héroïne qui, pour se décrire, explique : "I've never been addicted to anything... except maybe the fourth season of The West Wing", ne pouvait qu'attirer l'attention de la téléspectatrice que je suis. (Le culte que je voue à la série à A la Maison Blanche étant bien connu)

Je dresserai un bilan d'ensemble de cette première saison relativement mitigé, même s'il demeure plutôt positif. En effet, la série se suit aisément. Elle capitalise un bonus sympathie qu'elle parvient  à bien exploiter, tout en restant cantonné dans un divertissement qui ne cherche pas à dépasser ce cadre de départ.

Le format de 25 minutes constitue à la fois un atout, mais également peut-être une faiblesse. Avant tout, il permet d'éviter les longueurs et permet des épisodes courts, toujours directs, parvenant à un résultat assez rafraîchissant. Mais, cette durée limitée, impose une contrainte scénaristique dont la série ne se détache pas. En effet, cela donne parfois l'impression que, au-delà des dialogues assez sympathiques, la fiction se contente de la présence d'une héroïne charismatique, sans chercher à développer réellement des storylines solides. On s'oriente alors plus vers une succession de scènes, de mises en situation qui débouche sur de rapides problématisations sur lesquelles les scénaristes ne prennent pas le temps de s'attarder véritablement. Cela contribue incontestablement à cette légèreté de ton de l'ensemble, même si l'on est dans un drama, non une comédie. Mais on a parallèlement le sentiment d'un certain manque d'aboutissement de la part des scénaristes. Un côté un peu expéditif qui empêche la série de gagner une autre dimension.

Le ton d'une gourmandise résolument libertine ne vire jamais dans le trash. Il y a un certain détachement qui émane de l'héroïne, qui permet à la série de rester étrangement light, en dépit des (nombreuses) scènes de sexe qu'elle contient.
Hannah est un personnage très rafraîchissant. Billie Piper nous montre une autre facette de son jeu d'actrice et se révèle convaincante, à des lieues de l'innocente candeur de la Rose du docteur.
L'écriture de scenarii prétendant nous délivrer une version romanesque de la vie de call-girl s'inscrit sur un ton plus proche de Sex & the City que d'une quelconque tentative de retranscrire la "réalité" de cette vie. Ainsi détachée de tout réalisme, paradoxalement, on retrouve une certaine innocence inattendue, une naïveté romancée ayant pour toile de fond de joyeux libertinages imaginatifs. La série se joue de l'exotisme de son cadre, s'amusant de son sujet. Elle ne cherche pas la provocation, mais se montre plutôt friande de surfer sur les conventions du genre (ou alors elle arrive trop tard au vu de toutes les séries récentes sur le sujet).

La voix off de Billie Piper, qui s'adresse régulièrement directement au téléspectateur, crée rapidement un lien avec ce dernier, générant un fort capital sympathie immédiat. La série repose entièrement sur ses épaules, et cela fonctionne. Le tout étant bien servi par des dialogues ciselés, rapides et directs, qui permettent de suivre facilement les épisodes.

Bilan : Le cadre de Secret diary of a call girl aboutit parodoxalement à une série légère, parfois touchante, dont l'écriture est plus innocente que le sujet le laisserait croire. C'est une chronique osée sans être trash, une tentative de provocation presque naïve, sans véritable arrière pensée. Finalement, c'est ce ton qui rend la série assez rafraichissante, lui confère une identité propre, ainsi qu'une certaine originalité.
Même si on regrettera peut-être cette impression d'inachevé que laisse parfois la série, dans l'esquisse de ses storylines ou dans la psychologie assez unidimensionnelle de ses personnages, mais l'ensemble demeure sympathique sans être révolutionnaire.

02.12.2007

[Série] Babylon 5 (1993-1998)

   Aujourd'hui, j'aimerai vous parler d'une "vieille" série. Non pas une visionnée "en direct des USA" (ou "directement en sortie d'usine"), mais une oeuvre qui a marqué les années 90. Si elle a commencé à prendre de l'âge, Battlestar Galactica ayant donné un brusque coup de vieux à toutes les séries passées de science-fiction, Babylon 5 demeure une référence dans le paysage de la science-fiction. Une étape fondamentale dans la SF moderne qui mérite d'être visionnée (que j'ai achevé au cours de l'automne).

La série...
Babylon 5
raconte l'histoire de la cinquième station Babylon. Nous sommes au XXIIIe siècle. L'Homme s'est aventuré dans les étoiles et a découvert qu'il était loin d'y être seul. Plus d'un siècle après la rencontre avec sa première race d'extraterrestres, les Centauris, l'Humanité s'est aventurée toujours plus loin dans l'univers. Imposant peu à peu sa présence, la Terre est devenue une force importante dans la galaxie. Mais la rencontre avec un peuple à la technologie très avancée, les Minbaris, bouleversa les certitudes terriennes. Un premier contact imprévu conduisit à la mort du dirigeant spirituel et politique des Minbaris. La guerre fut terrible, tournant à l'avantage de ces derniers. Mais brusquement, à la fin de la Bataille de la Ligne, les Minbaris choisirent de se rendre, sans explication.
C'est dans ce contexte que naquit le projet Babylon. Un lieu d'échanges entre les différents peuples de l'univers pour prévenir les conflits. Initiative controversée, les trois premières stations Babylon ont été sabotées avant même d'être compètement contruites. La quatrième finit par être achevée, mais elle disparut sans laisser de trace lors de sa mise en ligne. Une cinquième station fut finalement construite, avec l'aide financière d'autres nations extra-terrestres.

Chaque saison suit une année sur la station, à partir de son ouverture en 2257.
Babylon 5 était alors le dernier espoir de paix dans la galaxie.


Ce que j'en ai pensé...

Constituée de cinq saisons, la série se révèle être en réalité un cycle très travaillé, qui représente un moment crucial dans l'évolution de l'univers : elle marque l'entrée dans le troisième Âge.
L'objet du récit justifie et explique la construction scénaristique des différentes saisons, qui se présentent chacune comme un chapitre de ce changement progressif. Il s'agit à la fois d'un atout pour la cohérence d'ensemble très maîtrisée de l'univers de la fiction, mais c'est également d'une des faiblesses de la série. Elle se traduit par une inégalité entre les saisons, tant en terme d'intensité que de qualité. Schématiquement, sans gâcher les grands enjeux, il est possible de schématiser rapidement la série dans ses évolutions. La première saison occupe ainsi, avant tout, une fonction d'exposition. Elle introduit différents personnages clés et posent les enjeux futurs, que le téléspectateur n'identifie pas forcément lors du premier visionnage, maintenu dans le flou presqu'autant que le personnel de la station. La deuxième saison marque véritablement l'entrée dans la phase de l'action. Ce sont les préliminaires de la grande guerre qui se prépare. Elle met en scène l'engrenage inéluctable qui va conduire à la tragédie annoncée. La position de chacun des protagonistes se précise, tout comme la figure de l'ennemi. Les troisième et quatrième saisons sont les saisons charnières, où les batailles intergalactiques prennent le pas sur la diplomatie. C'est la guerre contre l'ennemi qui a tissé sa toile depuis le début de la série, les Ombres, mais également contre le gouvernement devenu dictatorial sur Terre. Ce sont alors les saisons les plus intenses : elles scellent l'entrée de l'Humanité dans le troisième Âge. Enfin, la cinquième saison apparaît comme une sorte d'addendum. Après un finale de la saison 4 qui aurait pu constituer une fin en soi, la saison 5 nous conte la première année de l'Alliance nouvellement formée. Quelques égarements scénaristiques (le personnage de Byron est à mon sens une erreur monumentale) n'empêchent pas cette saison de se conclure par un dernier tiers à la hauteur de la série. Le dernier épisode est ce chapitre de conclusion que l'on retrouve dans certains romans, refermant définitivement ce grand livre épique.

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Si cette construction engendre donc une certaine inégalité d'ensemble, elle est aussi un atout pour la série. Car les scénaristes construisent un univers cohérent, maîtrisé, dont ils ne dévoilent que progressivement tous les secrets. Chaque pièce de ce complexe puzzle que constitue l'univers s'inscrit dans une perspective plus large, dans des enjeux plus grands, dont les protagonistes, comme le téléspectateur, ne prend conscience que peu à peu. C'est une immense fresque très riche qui apparait peu à peu, ayant sa propre logique qui la sous-tend.
Ayant dès le départ une idée assez précise de ce qu'ils s'apprêtent à raconter (ce qui, soyons franc, n'est pas toujours le cas dans le monde des séries), Babylon 5 bénéficie de la construction d'une série où le mystère savamment distillé ne sera pas gâché par sa révélation, lorsque les téléspectateurs auront toutes les clés en main. Les pièces du puzzle s'emboîteront pour révéler un plan d'ensemble qui confèrera à des évènements a priori non liés tout leur sens. Les scénaristes savent où ils vont. Cela donne au récit une dimension supplémentaire que j'ai particulièrement appréciée. En effet, les scénaristes parsèment différents épisodes des rêves prémonitoires et des phrases visionnaires autant qu'énigmatiques de certains personnages. La prophétie des Minbaris, le fameux "rêve de Kosh" ou les visions apocalyptiques de Londo, intriguent autant qu'inquiètent l'imagination du téléspectateur. Le récit prend des allures de tragédies de théâtre. En effet, la prédestination apparaît rapidement comme la constante de l'engrenage d'évènements auquel on assiste. Par la perpective que la série offre, tout libre-arbitre semble échapper aux personnages dont la destinée est irrémédiablement figée. L'inévitabilité de certaines voies funestes leur donne un caractère presque oppressant. Car, les personnages sont aussi conscients de ces prémonitions que le téléspectateur. Or, toutes leurs actions qu'ils pensent en vue d'y échapper semblent ne faire qu'installer plus inéluctablement ce futur qu'ils voudraient pourtant prévenir.
 
A travers la richesse de son univers, l'épopée contée dans Babylon 5 est avant tout marquée par une certaine innocence de la mythologie. Les ressorts scénaristiques, aussi efficaces soient-ils, ont gardé ce classicisme, qui rejaillit également sur les personnages. C'est une certaine naïveté qui domine le tableau de cette fresque, aussi tragique ou valeureux que soient les destins des protagonistes. Cet aspect trouve notamment une illustration dans la figure du héros qu'incarne John Sheridan, leader dont le destin est scellé par les mêmes dynamiques qui l'ont porté au sommet. Pour autant, derrière cette apparence de lutte entre le Bien et le Mal, il ne faut pas croire que l'univers de Babylon 5 serait manichéen. En effet, chaque fois que l'on croit atteindre une opinion arrêtée sur la storyline, un développement ou une précision nuance le tableau, remet en cause ce jugement sommaire, par cette touche de gris qui empêche de clairement distinguer le noir du blanc.

Au-delà de la jeunesse du style d'écriture des scénaristes, Babylon 5 est une série qui atteint des degrés de subtilité rares dans les fictions télévisées -et qui est généralement le signe des grandes séries. Babylon 5 nous immerge dans les coulisses de la diplomatie galactique. La station spatiale ressemble initialement à une sorte d'ONU, un lieu de dialogues et d'échanges inter-raciales où se répercutent à l'échelle de la galaxie, les même enjeux immuables de luttes de pouvoir, d'influence et de conquête. Les actions des personnages reflètent ainsi ce constant et fragile équilibre entre les nécessités de la raison d'Etat, de la morale ou du nationalisme. Tout ce développement autour d'une problématique éthique est ainsi traitée avec beaucoup de réussite. A ce titre, différents personnages bénéficient d'une évolution emblématique qui illustre parfaitement la richesse de Babylon 5. Je pense notamment à G'Kar et Londo, dont les personnalités se complexifient et le regard mûrit considérablement en cinq saisons, soulignant toute l'ambiguïté dont sait également faire preuve la série.
 



    Finalement, si ses effets spéciaux ont vieilli, si ses codes scénaristiques sont ceux de la "vieille" école, si l'image est très marquée années 90, Babylon 5 demeure, même en 2007, une belle série de SF (en ces temps de disette, il est agréable de savoir que l'on peut toujours se régaler devant des classiques). Elle amorce le tournant vers la science-fiction moderne, en posant les nouveaux jalons de ce genre, se détachant du classicisme rigide des Star Trek (dont l'évolution est également sensible à la même époque avec la sombre ST : Deep Space Nine, concurrente directe et éternelle opposant de Babylon 5), et annonce ainsi les futures Farscape et autres Battlestar Galactica (version actuellement produite par Sci-Fi).

En guise d'aperçu, voici le générique de la saison 4, un de mes favoris (à chaque fois que j'entends ce monologue, ça me transporte dans l'univers de B5) :  

Grandiose ...! 
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